jason edwards.doldrums


€12.00



 

Une vie hors-norme, ici c'est normal.

Combien de losers magnifiques, de hobos chantant, de vagabonds acoustiques à la fameuse "croisée des chemins"?

Des tristes et beaux. Des tristes et faux.

Jason Edwards est, en ce sens, une figure presque classique : il fut déménageur, professeur de français, gardien de sapins, voleur, homme de ménage, clochard ....fit la manche encore de Dublin a New York, de Montréal à Paris, donna des concerts dans des bars vides et vécu de "rencontres".

Essoré, plumé jusqu'à l'os, il revint à Paris où il écrit et enregistre à huit clos son
premier album "Ouest" qui sort en octobre 2007 sur le label kill the dj.

Mine de rien, ce costume usé sied bien à Jason.

Beau succès. "d'estime" diront les mauvaise langues. "C'est ce qui compte vraiment" rétorque la chorale. "Un disque précieux dans lequel on vient autant se réfugier que se perdre" disent Les Inrocks."Une musique aussi simplement universelle qu'étrangement décalée et inattendue"  dit Magic. Le monde est d'accord: Jason est un original. Et cela même quand en être un , c'est la règle du jeu.

Viennent ensuite deux années de concerts erratiques, une retraite créative méritée, et Jason reprend la route. Cette fois, ce n'est pas tant l'Ouest des grands espaces que le courant presque imperceptible du Bayou qui draine notre hurluberlu.

Lui qui citait les pionniers du blues et de la country aux côtés de Cohen et Dylan, cite désormais aussi Barret et Lennon.

Avec Doldrums, on s'enlise mais on s'aère aussi. Les angles s'arrondissent, le ciel s'éclaircit, les sons sont plus chauds et les compositions s'étoffent : Jason a laissé la porte de sa cabane rustique entrouverte et quelques fantômes inattendus se sont invité au diner : harmonium et claviers vaudou se greffent à la contrebasse, accordéon et trombone à la guitare sèche. Jason a ouvert sa brocante au lysergique, ses musiciens jazz jonglent et improvisent, avant de retomber sur leurs pattes décharnées. "La valse remplace la poussière", une fanfare sous Codeine pour donner un peu de couleur. Du noir et blanc au... vert de gris.

Une orientation plus "pop", donc, qui tranche avec le minimalisme quasi squelettique du premier album.

Cette ouverture, Jason l'a également voulu dans les textes de l'album. Ce sont des chansons fragiles, lumineuses et sensibles qui nous font serpenter sur des eaux marécageuses, entre les amours surannés du poète (Mystic Fandango, Oo, No name) et son désarroi face à un monde déliquescent (Sun Melt) dans lequel il se met en quête d'une une source de vie pure (Doldrums). Malgré la débâcle généralisée, Jason nous rappelle que le soleil se lèvera toujours (Tambourine) et que le monde vivant est sacré (John Brown).

Avec Ouest, Jason Edwards arrosait son ranch au Bourbon.

Fin de la gueule de bois, Doldrums y voit "des fleurs psychédéliques pousser de ci de là". Ce sont les mots du guide,. Celui-la même qui vous poussera à lâcher sa main. Car Doldrums est un jardin dans lequel il convient de se perdre.


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